A la gloire du progrès

Maurice Magar / Xavier Bettel est revenu le samedi 23 septembre de sa tournée américaine au cours de laquelle il a rencontré les grands patrons de la Silicon Valley. Toujours prompts à flairer un business juteux, Amazon, SpaceX et compagnie ont ouvert leurs portes à la délégation luxembourgeoise qui, elle, rêve de fidéliser ces grands clients qui brassent des milliards et offrent de nouveaux horizons technologiques. Mais en Californie, l’allure du progrès est décuplée. Le fonds de commerce des géants californiens est l’information. Les données et leur transmission sont au cœur de l’activité chez Google, Cisco ou Amazon. Et personne ne s’en offusque. Les questions de la vie privée ou de la sécurité des données sont balayées d’un revers de main nonchalant. Les données sont cryptées, les systèmes informatiques résistent à des milliers de tentatives d’intrusion.

Dans ces entreprises qui ont un temps d’avance sur tout, on a du mal à se défaire de l’impression que le flicage globalisé s’organise derrière les sourires commerciaux de jeunes directeurs zélés. Cette Amérique-là dispose d’une puissance économique disproportionnée. Dans l’arrière-pays, loin des centres urbains dynamiques, les laissés-pour-compte votent Trump. La numérisation, si elle présente des avantages, pénalisera la main-d’œuvre peu qualifiée. Et la formation continue ne pourra pas sauver tout le monde. Il est bon, évidemment, de ne pas rater l’évolution, mais il est meilleur encore de s’interroger sur ses conséquences et d’organiser la transition avec prudence pour éviter d’accroître les inégalités sociales.