A Florence, Juncker et Tajani inquiets de la montée des populismes

Les présidents de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et du Parlement européen, Antonio Tajani, ont exprimé tous deux à Florence leur inquiétude face à la montée des populismes, alimentée par la crise migratoire.

« Etre un bon Italien, signifie aussi être un bon citoyen européen. Ca doit être répété à voix haute, particulièrement en ce moment », a déclaré M. Tajani devant un forum européen organisé dans la capitale toscane. « Sortir de la monnaie unique consisterait seulement à se tirer une balle dans le pied », a-t-il martelé, alors que les négociations entre forces politiques populiste et nationaliste battent leur plein à Rome pour former le premier gouvernement antisystème en Italie.

M. Juncker a pour sa part dit son inquiétude devant les « ressentiments » générés par la crise migratoire, « qu’on croyait dépassés ». « Cela a donné aux populistes et aux nationalistes le matériel dont ils avaient besoin pour défaire la solidarité » en Europe, a déclaré le président de la Commission, qui s’est dit « choqué par les ruptures et les fissures de solidarité apparues pendant la crise migratoire » entre les Etats membres.

« Au moment de la crise économique, on a recommencé dans le nord de l’Europe, qui se croit plus vertueuse que le sud, à redécouvrir cette expression que je déteste, +les pays du Club Med+ », a-t-il expliqué, en référence à ce qualificatif des pays du sud de l’Europe parfois considérés comme plus laxistes en matière budgétaire.

Pour les deux responsables européens, ce dédain du Nord à l’égard du Sud a pu encourager les nationalismes.

Interrogé par la presse, M. Tajani s’est refusé à porter un jugement sur le gouvernement antisystème en gestation à Rome entre la Ligue (extrême droite) et les populistes du Mouvement Cinq Etoiles (M5S), mais a dit espérer qu’il préserve l’appartenance de l’Italie à l’UE. La Ligue et le M5S, devenus majoritaires depuis les élections du 4 mars, pourraient annoncer dans les prochains jours une équipe et un programme communs en vue d’un gouvernement antisystème, inédit dans un pays fondateur de l’UE et troisième économie de la zone euro.

Dès jeudi, le président italien Sergio Mattarella avait déjà jeudi, devant ce même forum à Florence, mis en garde contre la tentation souverainiste. « Penser qu’on peut s’en sortir seul est une pure illusion ou, pire, une duperie volontaire à destination des opinions publiques », a-t-il prévenu.