A double sens

Marc Fassone / Une victoire pour les banques, l’arrêt rendu ce 28 août par la justice française dans l’affaire Landsbanki? (Lire en pages 13 et 14). Oui. Mais pas forcément là où l’on croit. Que les banques considèrent votre argent comme le leur et que, du coup, elles se sentent libres d’en faire impunément l’usage que bon leur semble, on le savait déjà. Il n’y a, pour s’en convaincre, qu’à mettre cote à cote le nombre de gens lésés par les subprimes et le nombre de banquiers responsables embastillés… Non, la victoire, on la trouve dans cette frontière que dessine désormais la justice en ce qui concerne l’obligation d’information des banques.

Les directives Mifid font de cette information la pierre angulaire de la protection des consommateurs. Tatillonne, cette réglementation est un vrai casse-tête opérationnel pour les banquiers. Qui vont être soulagés de voir que leur obligation est loin d’être absolue. L’obligation d’informer, la Landsbanki s’est largement assise dessus. C’est établi. Mais ce «manquement» ne dispense pas le client de s’informer. Et celui-ci ne doit pas se contenter du seul avis de son conseiller financier/vendeur. En étant reconnus en tant que victimes, les clients se seraient vus déchargés de leur responsabilité d’investisseur de s’informer. Le tribunal a dit non. De même qu’il a balayé l’argument du «on ne pouvait pas comprendre». Quand on ne comprend pas quelque chose, il convient de s’abstenir. Sauf si l’appât du gain aveugle… Eh oui, il ne suffit pas de chanter «donnez, donnez-moi…» pour que le banquier vous le rende.