Pour lancer son syndicat dans «sa» nouvelle campagne autour de «son» paquet social, rien de tel qu’un bon «petit» rassemblement (plus de 800 délégués et autres adhérents hier soir, le 26 novembre à l’hôtel Alvisse) – histoire pour André Roeltgen de donner définitivement le «la». Le président de l’OGB-L en a profité pour, avant tout, retracer les jalons historiques de la politique d’austérité dans le pays, depuis 2009 et la grande (vraie) manifestation du 16 mai.
Aujourd’hui, il s’agit pour le syndicat de contrer les effets des mesures économiquement et socialement «régressives» du «paquet pour l’avenir» du gouvernement Bettel.
De la réforme pour plus de justice fiscale à celle du droit du travail pour la réglementation des horaires et pour l’introduction d’une sixième semaine de congés – en passant notamment par le rééquilibrage des allocations familiales, la réintroduction de l’impôt sur la fortune et l’abolition dès 2016 de l’impôt d’équilibrage budgétaire –, les militants syndicaux ont réagi plus ou moins chaudement aux propositions de leur président. Et, les acclamations quelque peu automatiques ponctuant chaque proposition mises à part, il y eut quelques frémissements remarquables.
Parmi les déclarations les plus applaudies: «Depuis l’an 2000, la masse salariale globale au Luxembourg a augmenté de 124%. L’impôt sur le revenu a, quant à lui, crû de 174%.» Les réactions de l’auditoire se révèleront aussi quelque peu plus bruyantes et nerveuses que la moyenne lorsque l’orateur évoquera le temps de travail et les dérives des horaires dits flexibles, un terrain où syndicats et entreprises s’opposent traditionnellement, mais plus spécifiquement depuis près de 20 ans: «Pourquoi cette dure confrontation et ces blocages? La première raison est que la loi en vigueur – le soi-disant plan d’action national pour l’emploi qui date des années 1990 – est une mauvaise loi. L’OGB-L exige la totale refonte de cette loi, parce que le salarié et ses temps de travail ne sont absolument pas protégés et parce que l’organisation des temps de travail est mal, voire pas du tout, règlementée. Il faut mettre fin à cela.» Roeltgen relèvera aussi, comme seconde raison, l’impact de nouvelles formes du travail résultant de l’évolution des technologies de l’information et de la communication, constatant que «les frontières entre temps de travail et non-temps de travail deviennent toujours plus floues».
Enfin, plutôt à classer dans le registre des «petites» phrases: «Lorsque, dans un des pays les plus riches du monde, plus de 25% des ménages ont des ennuis d’argent et ont du mal à nouer les deux bouts, c’est que ce pays a un très gros problème.»
David Broman
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