Kenneth Tancré au FISE: extrême est le maître-mot

Entretien: Alexeji Nickels, traduction: Tatiana Wassenberg

Agé de 20 ans Kenneth Tancré habitant en Belgique, est considéré comme une des futures stars de la scène BMX.
Le BMX, sa spécialité et désormais sa profession n’était toutefois pas le premier sport extrême qui l’attirait. A l’image de son cousin, le jeune Belge s’est intéressé d’abord pour le motocross. Après un an de pratique seulement, il a échangé la moto contre le vélo pour devenir quelques années plus tard champion du monde amateur de BMX Freestyle. Aujourd’hui, Kenneth participe au circuit professionnel, défiant des cyclistes connus comme Mark Webb, Drew Bezanson ou encore Daniel Dhers.


Nous avons eu l’occasion de l’interviewer lors du FISE Montpellier, accompagné de son vélo qu’il considère comme sa femme et autour de quelques boissons énergétiques, il nous raconte son parcours et sa vie en tant que professionnel du BMX.

Comment s’est développée ta passion pour le BMX Freestyle et quelles étaient les étapes de ta carrière ?

Mon cousin avait toujours fait du Motocross, lorsqu’il m’avait amené un jour à une compétition, j’étais tout de suite fasciné par ce sport et je m’y suis lancé. Or, les coûts pour le pratiquer étaient si élevés que je devais arrêter après un an seulement. C’est en regardant les X Games à la télévision que je me suis mis au BMX. Après avoir acheté mon premier vélo, je me suis retrouvé de suite dans différents parcs où je commençais fréquenter des amateurs de la discipline. Ils étaient en quelque sorte mes premiers entraîneurs. Au fil du temps, je commençais à évoluer et à me rendre dans d’autres établissements d’entraînement où j’ai rencontré des gens encore plus expérimentés. C’est par après que j’ai participé à mes premières petites compétitions, rapidement j’ai remarqué que j’avais du talent. Je finissais tout le temps dans les top 3.

kennyQuand est-ce qu’il y a eu le déclic ?

En 2013 je m’étais inscrit pour les championnats du monde en classe amateur qui se sont déroulés à Cologne. Je ne m’attendais a rien de grand, et puis j’y suis devenu champion du monde. Le titre m’avait totalement bouleversé, je pense encore aujourd’hui hui que cet exploit constitue le plus beau souvenir de ma carrière. Mon père était tellement heureux qu’il avait des larmes aux yeux.
Cette expérience m’a donné de la confiance et dès ce moment je savais que je possédais assez de potentiel pour faire de ma passion ma profession.

Étant donné que tu es un sportif extrême à ce jour, comment réagit ton entourage proche?

Avant ma carrière professionnelle, je me suis rendu tous les jours à l’école, comme tous les jeunes de mon âge. J’avais beaucoup de soutien de mon établissement.
Mon père m’a soutenu dès le début, il est devenu un véritable fanatique du BMX, de plus il gère les relations publiques pour mon compte. Comme toutes les mères, la mienne était au début très protectrice, elle s’inquiétait énormément pour mon intégrité physique, vu le risque élevé de blessures. Mais elle reste très fière de mon parcours.
Du point de vu de mes amis, j’essaie de rester tout le temps en contact avec eux, quand je rentre de mes compétitions, j’essaie de passer un maximum de temps avec eux. En effet je mène une vie tout à fait normale, comme toi et moi.

Maintenant nous avons parlé de ta vie en dehors du sport, or comment se déroule ta journée de travail ?

En tant que sportif de haut niveau, je dois m’entraîner tous les jours. Ainsi ma journée commence par un entraînement d’environ 6 heures. Je ne passe pas tout mon entraînement sur le vélo, des séances de musculation et de cardio sont complémentaires. De plus il faut essayer d’entretenir son esprit.
La journée ne se termine pas avec les entraînements, il y a tout un travail de marketing et de communication qui n’est pas à sous-estimer. Facebook, Instagram, e-mail sont à soigner. De plus il arrive que je dois rencontrer différents sponsors.
Le week-end quand je n’ai pas de compétitions, il m’arrive parfois de sortir avec mes amis. Bien évidemment nous faisons attention à ne pas exagérer (rires).

Quelques mots sur le FISE 2016?

Le Fise Montpellier est simplement l’événement de l’année. Lors de ma première participation en 2015, le stress m’a complètement emporté, je ne savais pas où aller, j’étais tendu et je me perdais dans la foule. En 2016 tout a changé, je me sens comme si je me trouvais en vacances. J’ai enfin le temps de découvrir tout le festival ainsi que la ville de Montpellier.
Ce festival est non seulement une compétition mais aussi un gigantesque lieu de fête. L’ambiance ici reste exceptionnelle.
Malheureusement, la compétition s’est terminée très tôt pour moi, lors de mon premier run, mon cadre a commencé à fissurer lors de l’atterrissage après un de mes premiers tricks. Je devais tout de suite m’arrêter. Le risque de me blesser était trop grand. J’étais furieux…

Quel est l’avantage de l’implication de l’UCI dans le BMX ?

Mon opinion est partagée, d’un côté le système est devenu beaucoup trop rigide, les riders avaient plus de liberté et n’était pas si fortement encadrés par une limite de temps. Tout est devenu beaucoup plus sérieux.
D’un autre côté avec l’implication de l’UCI, le BMX Freestyle a fait son premier pas vers les jeux olympiques. Ce serait cool de pouvoir déjà participer aux JO de Tokyo. Nous espérons aussi qu’avec l’Union cycliste internationale, nous pourrions attirer encore plus de sponsors et de public. Un autre point positif, est le contrôle anti-dopage. Dès maintenant les riders doivent effectuer régulièrement des contrôles. Cela va nous aider à créer une image encore plus positive de notre discipline.

Le nom de ton BMX ?

Il n’a pas de nom… C’est ma femme

Deux mots pour définir le FISE ?

FUCKING AWESOME !

Ton avenir ?

Créer ma propre marque de vêtement.

Quelle est la qualité principale qu’un bon rider doit avoir ?

Si t’es pas un peu fou et si tu as peur de te blesser, ne commence pas avec le BMX.

 

Le point positif de ta vie en tant que sportif professionnel?

Les voyages

Ton idole ?

Drew Bezanson

La meilleure étape du FISE ?

Malaisie