2014, l’année du real?

490_0008_12091805_GillardinAprès avoir connu une très belle année en 2012, les marchés obligataires ont dans leur ensemble légèrement progressé en 2013.

Dans le contexte actuel de taux bas, la recherche de rendements attrayants a poussé les investisseurs à se tourner vers les actifs les plus risqués.

A ce titre, les obligations à haut rendement européennes (+10,1%) et les obligations gouvernementales des pays en difficulté ont particulièrement bien tiré leur épingle du jeu: 7,4% pour les obligations italiennes, 9,2% au Portugal, 11,3% en Espagne et 11,9% pour les obligations irlandaises.

[cleeng_content id= »978390012″ description= »Pour lire la suite de cet article, vous avez la possibilité de l\’acheter à l\’unité ou via un abonnement » price= »0.49″ t= »article »]A contrario, les obligations des pays core reculaient légèrement sur les douze derniers mois, les performances allant de -0,4% pour la Belgique à -2,3% pour l’Allemagne.

Les obligations émergentes en devises fortes souffraient également, perdant 5,3% en USD – qui perdait plus de 4% par rapport à l’euro – sur l’année suite à la remontée des taux américains. Finalement, la performance des obligations émergentes en devises locales était, elle, proche de 0 mais fortement négative une fois prise en considération les fluctuations des devises par rapport au dollar ou à l’euro.

Ces dernières se sont fortement dépréciées suite à l’annonce de la réduction du programme d’achat d’actifs de la Federal Reserve, les investisseurs craignant des fuites de capitaux massives des pays émergents.

Le recul de certaines de ces devises et plus particulièrement du real brésilien
(-20% sur les douze derniers mois) apparaît exagéré. Après avoir fortement progressé en 2010, le taux de change réel effectif du Brésil s’est déprécié ces trois dernières années de l’ordre de 2,4%, 4,8% et 6,2%, respectivement pour 2013, 2012 et 2011.

La mauvaise performance de la devise brésilienne s’est de plus conjuguée à une forte remontée des taux gouvernementaux suite au durcissement de la politique monétaire.

Entre avril et novembre 2013, la Banque centrale brésilienne a augmenté son taux de référence de 275 points de base portant son taux Selic à 10%, pour d’une part lutter contre l’inflation et d’autre part limiter les sorties de capitaux.

Compte tenu du niveau actuel d’inflation qui ressortait légèrement sous la barre des 6% en décembre, d’autres hausses de taux pourraient voir le jour dans les semaines à venir.

Ces dernières sont par ailleurs déjà largement anticipées dans la courbe des taux brésiliens.

Ces prochains mois, le principal challenge de la Banque centrale brésilienne sera de trouver le bon équilibre entre une politique monétaire plus restrictive pour lutter contre l’inflation tout en veillant à ne pas étouffer la croissance.

Les premiers effets négatifs du resserrement monétaire sont déjà apparus. Après avoir progressé de 1,8% en rythme séquentiel au second trimestre, l’activité brésilienne s’est légèrement repliée au troisième trimestre (-0,5%) suite à une contraction des investissements et une contribution négative du commerce extérieur.

Un rebond est toutefois attendu au quatrième trimestre.

Les atouts du pays sont connus: surplus primaire, bonne diversification des exportations dans les principaux pays (Etats-Unis, Europe et Chine), endettement limité des ménages et des entreprises avec en parallèle un recul des taux de défaut, faible dette extérieure et solides réserves de change couvrant très largement la dette extérieure à court terme.

C’est pourquoi, dans l’environnement de taux actuel, la dette brésilienne apparaît comme une belle opportunité pour améliorer le rendement de son portefeuille.

Suite à la baisse du real, à la forte hausse des taux sur les derniers mois et à l’attractivité des taux réels, prendre une première position en obligations brésiliennes n’apparaît pas dénué de sens.

Même si des accès de faiblesse ne sont pas à écarter sur la devise, le généreux carry offert par ces obligations devrait atténuer ce risque et tout doucement pousser les investisseurs à se refocaliser sur la dette brésilienne.

Jean-François Gillardin, économiste à la Banque Degroof Luxembourg.[/cleeng_content]

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